Maxa Financial

Investir dans Galaxia : le traitement en temps réel à la périphérie orbitale

10 sept. 2026

Équipe Amiral

L'espace vient de franchir son seuil économique

Pendant l'essentiel de son histoire, l'industrie spatiale s'est définie par un seul chiffre : le coût de mise en orbite d'un kilogramme. À l'époque de la navette spatiale, ce montant se chiffrait en dizaines de milliers de dollars — assez élevé pour que seuls les gouvernements et les géants des télécommunications puissent se permettre d'opérer au-dessus de l'atmosphère. Les fusées réutilisables ont fait tomber cette contrainte. Au cours de la dernière décennie, le coût d'accès à l'orbite terrestre basse a chuté d'environ 90 %, pour atteindre quelques milliers de dollars le kilogramme, et les lanceurs de nouvelle génération visent une réduction d'un autre ordre de grandeur.

Quand le prix d'un intrant rare s'effondre, des industries entières se reconstruisent autour de l'abondance. C'est exactement ce qui se passe au-dessus de nos têtes en ce moment. Selon les travaux du Forum économique mondial et de McKinsey, l'économie spatiale mondiale devrait presque tripler, passant de 630 milliards de dollars en 2023 à 1 800 milliards d'ici 2035 — soit environ deux fois le rythme de croissance du PIB mondial. Fait notable, l'essentiel de cette croissance ne viendra ni des fusées ni de l'exploration. Elle viendra des services rendus possibles par les satellites : observation de la Terre, communications, positionnement, et cette couche de données orbitales dont dépendent de plus en plus des secteurs allant de l'agriculture à la logistique en passant par la défense.

Mais les lanceurs bon marché n'ont réglé que la moitié du problème : mettre des objets en orbite est devenu facile ; en extraire de l'intelligence, beaucoup moins.

Le goulot d'étranglement s'est déplacé de la fusée vers la donnée

Les satellites d'aujourd'hui sont, pour la plupart, des caméras munies de radios. Ils captent en orbite une masse considérable de données brutes, mais il faut parfois plusieurs passages au-dessus d'une station au sol pour tout transmettre — et ce n'est qu'ensuite que commence l'analyse. Résultat : un cycle de renseignement qui se mesure en heures, voire en jours. C'est impraticable pour les applications de défense et de sécurité qui exigent des réponses en quelques secondes, et de plus en plus limitant pour les utilisateurs commerciaux qui surveillent en temps réel navires, pipelines, feux de forêt et infrastructures.

Une seconde contrainte se cache à la vue de tous : les satellites traditionnels sont figés au lancement. Leur logiciel ne peut pas être mis à jour de façon significative, leur mission ne peut pas s'adapter, et chaque nouveau cas d'usage exige de concevoir, de construire et de lancer un nouvel engin spatial. Imaginez acheter un serveur incapable d'exécuter autre chose que l'application avec laquelle il a été livré. C'est ainsi que fonctionne aujourd'hui la majeure partie de la couche orbitale.

La leçon des deux dernières décennies d'informatique est claire : une infrastructure s'impose lorsqu'elle devient programmable. L'espace est le prochain domaine à suivre cette voie.

Pourquoi Galaxia compte

Galaxia fait pour l'espace ce que l'infonuagique a fait pour l'informatique : détenir l'infrastructure physique et fournir l'environnement logiciel qui permet à quiconque de bâtir par-dessus.

L'entreprise conçoit et fabrique environ 80 % de ses satellites à l'interne, à Halifax — y compris les ordinateurs de bord, les systèmes d'alimentation et la radio logicielle — et enveloppe ce matériel dans MissionOne, une plateforme qui livre l'accès à l'espace en tant que service. Les clients peuvent commander un cycle de mission complet, faire voler leur matériel comme charge utile hébergée sur les plateformes de Galaxia ou, surtout, recourir au satellite virtuel en tant que service (VSaaS) : déployer des applications d'IA conteneurisées sur des instances satellitaires virtualisées déjà en orbite, et ne payer qu'à l'usage.

Sous le VSaaS se trouve Mobius, la plateforme satellitaire logicielle de Galaxia. Mobius transforme un satellite en nœud de calcul orbital reprogrammable : les applications peuvent être déployées, mises à jour et retirées dans l'espace comme elles le sont dans le nuage, et l'inférence IA s'exécute directement à bord, comprimant le cycle de renseignement de plusieurs heures à quelques secondes en analysant les données là où elles sont captées, avant même qu'elles ne touchent le sol.

Rien de tout cela n'est théorique. Galaxia a lancé deux satellites, génère de véritables revenus auprès du gouvernement du Canada (notamment avec le ministère de la Défense nationale) et lancera sous peu quatre engins spatiaux supplémentaires. Par ailleurs, c'est l'occasion commerciale qui rend le VSaaS convaincant : toute organisation disposant d'un algorithme et d'un problème visible depuis l'orbite devient un client potentiel. Une société énergétique pourrait déployer un modèle de détection de fuites sur un satellite déjà au-dessus d'elle et recevoir des alertes de pipeline en quasi-temps réel — aucun engin spatial à construire, aucune mission à financer, simplement une application poussée vers l'orbite comme on pousse aujourd'hui du logiciel vers le nuage. Rares sont les entreprises en amorçage, où que ce soit, capables de faire état de deux clients gouvernementaux d'ancrage, de matériel ayant fait ses preuves en vol et d'un point d'entrée commercial réellement scalable.

La souveraineté est structurelle

La position de Galaxia comporte une seconde dimension que nous croyons sous-estimée : c'est l'une des très rares plateformes satellitaires à pile complète au monde à être entièrement exempte des restrictions ITAR, ces règles américaines de contrôle des exportations qui interdisent légalement aux fournisseurs américains de desservir de vastes pans du marché mondial.

Cette contrainte pèse plus lourd chaque année. Les armées alliées, les pays neutres et les opérateurs commerciaux d'Amérique latine, du Moyen-Orient et d'Afrique ont de réels besoins en observation de la Terre et en renseignement, et se trouvent structurellement coupés de la plupart des fournisseurs américains de haut niveau. Les membres de l'OTAN cherchent activement des capacités spatiales souveraines ou alliées. Le Canada lui-même fait face à un important déficit de surveillance et de communications dans l'Arctique et sur ses approches maritimes. Pour tous ces acheteurs, une plateforme canadienne exempte d'ITAR n'est pas un atout accessoire : c'est souvent la seule option crédible. Aucun montant de capital concurrent ne peut reproduire cet avantage.

L'environnement politique intérieur vient renforcer cette position. Le budget canadien de 2025 a engagé 81,8 milliards de dollars en défense sur cinq ans, articulés autour d'une stratégie industrielle d'achat canadien, et BDC a lancé une plateforme de 4 milliards de dollars consacrée aux entreprises de défense et de sécurité nationale. Un champion spatial souverain et à double usage, bâti au Canada atlantique, se trouve directement sur la trajectoire de ces capitaux.

L'équipe

Galaxia est dirigée par son fondateur et chef de la direction, Arad Gharagozli, qui a construit et lancé LORIS, le premier satellite du Canada atlantique, tout en fondant le Dalhousie Space Systems Lab, et qui a passé une décennie dans l'informatique spatiale critique. L'équipe d'ingénierie de base l'accompagne depuis ce premier lancement, et l'entreprise a gagné à répétition la confiance institutionnelle de l'ASC comme du MDN. Au cours de notre vérification diligente, les références se sont révélées d'une constance inhabituelle : les autorités techniques ayant travaillé de plus près avec Galaxia décrivent une équipe qui livre en avance sur l'échéancier et au-delà de la portée prévue, menée par un fondateur dont la vitesse d'apprentissage a marqué jusqu'à ceux qui l'ont formé.

L'espace est un domaine impitoyable, et l'expérience opérationnelle durement acquise — y compris les leçons tirées de véritables opérations en orbite — est précisément ce qui distingue les équipes les plus performantes. Galaxia possède cette expérience, et cela se voit dans la rigueur de ses missions de prochaine génération.

Pourquoi nous avons investi

Chez Amiral Ventures, nous appuyons les fondateurs qui bâtissent l'infrastructure d'une économie plus productive et plus résiliente. Peu d'investissements incarnent cette thèse aussi littéralement que celui-ci. Pour un pays comme le Canada, la résilience signifie de plus en plus la capacité souveraine : pouvoir voir, détecter et décider à partir d'une infrastructure qu'il possède, dans un monde où l'accès aux systèmes alliés ne peut plus être tenu pour acquis. Galaxia construit cette capacité, et la construit comme une plateforme commerciale plutôt que comme un centre de coûts.

Nous croyons que la couche orbitale se trouve au même point d'inflexion que l'Internet lorsque l'informatique est devenue un service public : le lancement est bon marché, la demande de renseignement en temps réel s'accumule, et les gagnants seront les plateformes qui rendront l'espace programmable. Galaxia réunit la pile matérielle complète, l'environnement logiciel, la validation gouvernementale et l'accès structurel au marché nécessaires pour devenir cette plateforme, pour le Canada et pour le monde contraint par l'ITAR.

En tant que fonds canadien voué au soutien des entreprises technologiques stratégiques bâties ici, nous nous engageons à appuyer Galaxia avec le réseau, le capital de suivi et les connexions d'affaires et de défense dont elle a besoin pour rivaliser à l'échelle mondiale.

Félicitations à Arad et à toute l'équipe de Galaxia. Nous sommes ravis d'être à bord au moment où vous portez l'infonuagique en orbite.