Amiral Ventures a récemment annoncé la première clôture de notre fonds cible de 75 M$ dédié à la prochaine génération de vaisseaux amiraux technologiques canadiens. Le parcours a duré trois ans et n’a pas été sans défis. Nous souhaitons expliquer pourquoi nous croyons qu’un nouveau fonds de capital de risque en amorçage est nécessaire, ce que nous cherchons à bâtir et l’opportunité qui se présente devant nous.
L’histoire de genèse
Les trois associés d’Amiral se sont réunis suite à diverses collaborations dans les 10 dernières années, qui ont éventuellement convergé vers un projet commun. Fred et Dom se sont rencontrés pour la première fois en 2014 alors que Fred levait du capital pour Mnubo et que Dom était chez XPND Capital. Ils ont immédiatement connecté, mais XPND était entre deux fonds et ne pouvait pas investir; Dom a été transparent à ce sujet, et cette honnêteté a jeté les bases d’une relation à long terme qui s’est poursuivie de manière informelle pendant des années jusqu’à leurs retrouvailles à l’été 2022, tous deux entre rôles et réfléchissant indépendamment à lancer quelque chose de nouveau. En parallèle, Nectar a rencontré Fred pour la première fois grâce à son ancien balado, ce qui a mené à un mandat de consultation avec PNR portant sur la création de valeur et la stratégie de mise en marché chez Mnubo. Lorsque Fred et Dom ont commencé à façonner le nouveau fonds, Fred a recontacté Nectar, voyant son expérience comme complémentaire. Ce qui est finalement devenu Amiral est né du bon timing, du respect mutuel, de la franchise et d’un désir partagé de bâtir une firme de capital de risque axée sur les fondateurs au Canada.
Au cœur de ce projet se trouve une conviction profonde : le Canada doit devenir la terre d’accueil de dizaines de milliers d’entreprises technologiques supplémentaires. Tous les ingrédients sont en place; notre pays a le potentiel de développer beaucoup plus de leaders mondiaux. Nous croyons que bâtir une industrie technologique vibrante est au cœur de la future prospérité économique et sociale.
Bâtir Amiral
Nous sommes nous-mêmes des bâtisseurs, et nous croyons que nous devons gagner le droit de nous associer aux meilleurs fondateurs. Ce privilège ne découle pas uniquement du capital. Il se mérite en bâtissant une firme qui crée de la valeur réelle, de façon constante, au-delà du chèque.
Concrètement, cela signifie :
Développer rapidement une conviction. Nous bougeons rapidement. Notre objectif est d’évaluer les opportunités avec rigueur et rapidité, et d’être décisifs en mettant de l’avant une proposition claire.
Mener les rondes. Nous visons à rédiger la lettre d’intention et à mener ou co-mener les financements, en nous engageant avec responsabilité, expertise et soutien. Mener avec conviction est également le meilleur moyen de rallier un solide groupe de co-investisseurs.
Être un partenaire de confiance. Nous aspirons à être un partenaire de réflexion quand tout va bien, et un repère solide lors des crises inévitables.
Ensemble, ces principes définissent le type de firme que nous bâtissons : une firme que les fondateurs choisissent activement, et non qu’ils acceptent par défaut. Nous visons à aider les fondateurs autant que possible, tout en sachant nous effacer lorsque nécessaire.
Bâtir Amiral a exigé le même type de conviction que nous recherchons chez les fondateurs que nous soutenons. Il a fallu trois ans de persévérance, d’innombrables revers et une croyance inébranlable que le marché avait besoin d’une nouvelle sorte de firme. On ne peut pas bâtir un fonds en 2025 sans y être pleinement engagé; il n’y a pas de plan B. Cette expérience a renforcé notre empathie envers les fondateurs : les moments de solitude, les portes qui ne s’ouvrent pas et la résilience nécessaire pour continuer. La conviction qui nous a menés à notre première clôture est la même conviction que nous mettons désormais derrière les entreprises que nous accompagnons.
Notre stratégie et notre thèse d’investissement
Au cœur de la thèse de notre firme se trouve une idée simple : la prospérité du Canada dépend de ses bâtisseurs. Prospérité Décodée signifie investir dans des technologies qui rendent notre économie plus productive, plus durable et plus résiliente – trois piliers essentiels d’une prospérité à long terme. Nous recherchons des entreprises qui s’attaquent à de véritables enjeux : modernisation des entreprises, optimisation énergétique, cybersécurité, défense et résilience des chaînes d’approvisionnement.
Nos critères d’investissement se concentrent sur des équipes fondatrices exceptionnelles ayant une ambition globale, une traction démontrée et des modèles d’affaires évolutifs. Les investissements initiaux typiques varient entre 1 et 2 millions de dollars, avec la capacité de réinvestir jusqu’à 6–7 millions au fil du temps, généralement en visant des participations minoritaires (10–20 %) avec une implication constructive en gouvernance.
Sur le plan stratégique, la stratégie de capital d’Amiral repose sur l’accompagnement des startups à des points d’inflexion critiques, typiquement au stade amorçage avancé et en série A, lorsque les fondateurs sont prêts à transformer une validation initiale en leadership de marché.
Nous ne nous voyons pas simplement comme des fournisseurs de capital. Notre ambition est d’être un partenaire actif pour les fondateurs que nous soutenons, en apportant une expérience pratique en création, croissance et sortie d’entreprises technologiques. Le capital est un point de départ ; ce qui compte tout autant, ce sont le jugement, la reconnaissance d’enjeux récurrents et la capacité d’aider les fondateurs à naviguer les moments critiques qui déterminent les résultats. De plus, Amiral compte plus de 50 fondateurs comme investisseurs du fonds. Nous entendons connecter ces investisseurs fondateurs avec notre portefeuille afin d’apporter l’expertise nécessaire au bon moment.
Nous croyons que si nous exécutons avec discipline et sur-performons, nous pouvons contribuer à attirer beaucoup plus de capital privé sur le marché canadien, un capital qui soutient des fondateurs ambitieux et construit ici des entreprises durables. En fin de compte, seule la performance compte et la responsabilité est la même : livrer des résultats. Notre ambition est de nous rémunérer sur la performance (le carry), et non sur les frais de gestion.
Notre objectif est de bâtir une franchise durable, et non un fonds centré sur une personnalité. Il ne s’agit pas d’un individu en particulier. Il s’agit de créer une plateforme et une marque pérenne au service des fondateurs, qui perdurent au-delà de tout associé individuel et qui composent leur valeur au fil de multiples générations de fonds.
L’opportunité au stade amorçage
Bien que nous soyons optimistes quant à l’écosystème d’innovation canadien, nous sommes également lucides face aux défis structurels auxquels sont confrontés les fondateurs en amorçage. Une part importante des financements de démarrage (seed) et séries A les plus prometteurs au Canada est menée par des investisseurs étrangers, en particulier américains. Les estimations suggèrent qu’environ deux tiers des rondes en early stage au Canada sont menées par des investisseurs étrangers, ce qui reflète non pas un manque de talent, mais un manque de capital de leadership institutionnel local.
Cette dynamique découle de deux forces :
Le capital de risque américain recrute activement et soutient des fondateurs canadiens, offrant souvent plus d’envergure, des réseaux mondiaux et des capacités de suivi.
Les fondateurs canadiens, particulièrement ceux qui en sont à leur première entreprise, perçoivent l’appui américain comme un avantage compétitif, et ce avec raison : l’accès au capital, la crédibilité de marché et des canaux de distribution plus larges peuvent accélérer la croissance.
Ces réalités ne sont pas intrinsèquement négatives. La participation américaine a contribué à mondialiser l’innovation canadienne et à créer des trajectoires de succès d’envergure mondiale. Toutefois, si cette tendance n’est pas contrebalancée, l’exportation constante du leadership dilue la propriété locale de nos entreprises les plus prometteuses et risque de positionner le Canada comme une économie de filiales plutôt que comme un créateur de marques globales dominantes.
Le seul contrepoids durable repose sur la substance plutôt que sur la géographie : bâtir des plateformes locales de capital de risque qui offrent aux fondateurs plus que du capital. Cela signifie un soutien opérationnel différencié, des réseaux internationaux, une connaissance sectorielle approfondie et un véritable partenariat à travers la croissance et la sortie. Nous croyons qu’en livrant une valeur réelle, nous pouvons contribuer à faire évoluer la préférence des fondateurs vers un leadership local, tout en bénéficiant du capital mondial et en collaborant avec les investisseurs américains et internationaux comme co-leaders.
Nous ne considérons pas le capital étranger comme un adversaire. Au contraire, nous l’accueillons. Mais pour conserver l’appropriation de nos futurs champions et bâtir un écosystème capable de soutenir plusieurs générations de réussite entrepreneuriale, nous avons besoin de plus de capital de leadership local capable de se tenir d’égal à égal avec ses pairs internationaux.
Le chemin pour bâtir plus de 100 entreprises de l’envergure de Shopify au Canada ne se fera pas en un seul cycle. Les écosystèmes mûrissent à travers des boucles répétées de création, de croissance et de sorties d’entreprises. Les événements de liquidité ne sont pas un échec d’ambition; ils constituent souvent le mécanisme par lequel le talent, le capital et l’expérience sont recyclés dans l’écosystème. Nous accueillons favorablement les sorties lorsqu’elles nous rapprochent d’un futur où les fondateurs ne sont pas forcés de sortir par défaut et lorsque les entrepreneurs qui réussissent ré-investissent leur temps, leur capital et leur savoir-faire dans la prochaine génération. Bon nombre de nos plus de 50 investisseurs privés en sont la preuve vivante.
Une marée montante soulève tous les bateaux
Nous croyons que la prospérité se construit, elle ne s’hérite pas. Le Canada possède déjà le talent, les idées et l’ambition nécessaires pour créer des entreprises technologiques de calibre mondial; ce qui est nécessaire, c’est une croyance soutenue, un partenariat patient et le courage de penser en décennies plutôt qu’en trimestres. Nous voyons Amiral comme une petite mais intentionnelle contribution à un projet national plus vaste : bâtir une économie où les fondateurs ont la confiance, le capital et la communauté nécessaires pour bâtir des entreprises mondiales à partir du Canada.
Nous nous appuyons sur les épaules de ceux qui nous ont précédés, et nous avons l’intention de rendre la pareille en soutenant la prochaine génération de bâtisseurs. Si nous faisons bien notre travail, l’impact ira bien au-delà de notre portefeuille : plus de fondateurs lançant des entreprises, plus de leaders mondiaux ayant leur siège ici et une économie plus forte et plus résiliente pour la prochaine génération.
De retour au travail.
